La France a un incroyable talent (M6) : Les deepfakes et l’intelligence artificielle : entre talent et dangers pour les artistes

Lors de la dernière édition de 'La France a un incroyable talent', David Corriveau, un imitateur québécois, a ébloui le public avec une performance qui fusionne art et technologie. Sa maîtrise des deepfakes, imitant parfaitement le juge Sugar Sammy, soulève des questions cruciales sur l'impact éthique et légal de l'intelligence artificielle dans l'univers artistique.
Publié le 16 novembre 2023 à 06h53
modifié le 16 novembre 2023 à 06h53
En bref
  1. David Corriveau, un imitateur québécois, a utilisé la technologie des deepfakes dans "La France a un incroyable talent".
  2. Ses imitations, incluant celle de Sugar Sammy, ont soulevé des questions éthiques sur l'utilisation de l'IA.
  3. Des acteurs hollywoodiens expriment leurs inquiétudes face à l'usage non autorisé de leur image et voix par l'IA.
  4. En France, le cadre réglementaire encadrant les deepfakes reste flou.
  5. David Corriveau a démontré un talent vocal indépendant de la technologie.
  6. Le débat sur l'encadrement légal et éthique des deepfakes et de l'IA dans l'art est nécessaire.
  7. La nécessité de repenser les droits des artistes face aux nouvelles technologies est mise en avant.
Hugo Mollet
Hugo Mollet
Rédacteur en chef pour la rédaction média d'idax, 36 ans et dans l'édition web depuis plus de 18 ans. Passionné par l'IA depuis de nombreuses années.

Lors de l’émission “La France a un incroyable talent” diffusée le 14 novembre dernier sur la chaine M6, le public a pu découvrir David Corriveau, un imitateur québécois qui s’est distingué grâce à sa prestation exceptionnelle. Sur scène, il n’a pas seulement imité la voix du juge et humoriste Sugar Sammy, mais aussi son visage grâce à une technologie bien connue aujourd’hui : les deepfakes. Si les images de l’imitateur sur le plateau n’alternaient pas avec celles de Sugar Sammy, il aurait été impossible de distinguer qui était à l’origine des mouvements et expressions du visage.

Des inquiétudes quant à l’utilisation des deepfakes et de l’IA

Le potentiel offert par l’intelligence artificielle génère autant de passions que d’inquiétudes auprès du grand public. Dans le cas des artistes, certaines craintes sont liées au fait que cette technologie puisse éclipser leur propre talent. Pire encore, les deepfakes pourraient mener à des abus en matière d’usurpation d’apparence ou de voix. Depuis près de quatre mois, des acteurs hollywoodiens manifestent leurs inquiétudes quant à l’utilisation de leur image et de leur voix par des intelligences artificielles sans leur autorisation. Ils ont entamé une grève et exigent des garanties afin d’éviter de tels abus. Le cas du mannequin et actrice Scarlett Johansson est emblématique, elle-même ayant déjà déposé plainte pour l’utilisation non autorisée de son image.

Un cadre réglementaire encore flou en France

Aujourd’hui en France, il n’existe pas de régulation spécifique encadrant les prestations de ce type, qu’elles soient réalisées en direct ou sous forme numérique. Le recours à un deepfake durant une émission très regardée comme “La France a un incroyable talent” peut alerter certains spectateurs sur le réalisme impressionnant de cette technologie. Il devient alors crucial de vérifier ses sources avant de diffuser ou partager ce genre de contenu. Cependant, soulignons également que la performance vocale de David Corriveau lors de l’émission était particulièrement réussie, indépendamment de l’usage de la technologie de deepfake. L’ En effet, le jeune chanteur québécois a su montrer à quel point il pouvait s’approprier la voix de Sugar Sammy avec brio sans tomber dans la caricature. Ainsi, dans le cadre artistique, les imitations réalisées grâce à l’intelligence artificielle peuvent être considérées comme des performances légitimes et respectables.

Quelles mesures adopter pour encadrer les deepfakes et l’IA ?

Face aux nombreuses questions et préoccupations soulevées par les deepfakes et l’intelligence artificielle, il est important de penser à adoptER des mesures adéquates pour encadrer leur utilisation. Le débat sur la place de l’IA dans les domaines artistiques doit être mené en parallèle de celui concernant ses implications légales et éthiques. Parmi les pistes envisageables, on peut citer l’établissement d’un cadre réglementaire plus précis afin que seules les utilisations légitimes et respectueuses du droit d’image des personnes concernées soient autorisées. Par ailleurs, sensibiliser le grand public aux enjeux soulevés par ces technologies serait également bénéfique, notamment pour éviter la propagation de deepfakes manifestement trompeurs ou malveillants.

L’heure de repenser les droits des artistes face aux nouvelles technologies ?

Il semble donc que le moment soit venu de repenser les droits des artistes et des personnalités publiques vis-à-vis de l’utilisation de leur image et de leur voix. Les performances artistiques telles que celle de David Corriveau à LFAUIT montrent le potentiel offert par l’intelligence artificielle et les deepfakes, mais aussi leurs limites et les risques inhérents. Ainsi, trouver un juste milieu entre une exploitation responsable et innovante de ces outils technologiques et la protection nécessaire des individus touchés reste un défi pour les années à venir. Dans ce contexte, il appartient au législateur et aux acteurs impliqués de définir les contours d’une nouvelle approche en matière d’imitation artistique et d’intelligence artificielle, qui soit à la fois respectueuse de l’humain et consciente du pouvoir créatif offert par les nouvelles technologies.

Hugo Mollet
Hugo Mollet
Rédacteur en chef pour la rédaction média d'idax, 36 ans et dans l'édition web depuis plus de 18 ans. Passionné par l'IA depuis de nombreuses années.
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